Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/525

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LIVRE III, CH. I. ^ 7. 3

lontaire, ou s'il est volontaire. ^ 5. Il arrive aussi quel- que chose d'analogue au marin qui dans la tempête jette k la mer sa cargaison. Dans les cas ordinaires, personne de gaieté de cœur ne jette à l'eau les biens qu'il possède; mais il n'est pas un homme sensé qui ne soit prêt à le faire , si c'est la condition de son propre salut, ou du salut des autres. § 6. Des actions de ce genre sont, on peut dire, des actions mixtes; mais cependant elles se rap- prochent davantage des actions libres et volontaires. Elles sont le résultat d'une préférence, même au moment où on les fait ; et le but définitif de l'acte est en rapport avec la circonstance. Quand on dit d'une action qu'elle est volon- taire ou involontaire^ on entend toujours tenir compte de l'instant où l'on agit. Or, dans les actes que nous venons de citer, on agit encore librement ; carie principe qui, pour ces actes, met en mouvement les membres de notre corps qui les exécutent, est en nous ; et toutes les fois (pie le principe est en nous, il ne dépend que de nous de faire ou de ne pas faire les choses. Ce sont donc là des actes volontaires. Mais absolument parlant, on peut bien dire aussi qu'ils sont involontaires ; car personne de son plein gré n'accomplirait aucune de ces choses pour elles- mêmes. § 7. Il arrive parfois encore que des actions de ce

��sorte de cas de conscience ; et dans § 6. Des actions mixtes. L'expres-

ces cas extrêmes, c'est à l'individu de sion est aussi heureuse qu'elle est

juger si le sacrifice qu'on lui demande vraie. — Elles se rapprochent daran-

ne vaut pas plus que les conséquences tagc des actions libres. Parce qu'en

qu'il peut s'en promettre. Dans cer- effet on pourrait, si l'on voulait, ne

taines circonstances, il est clair que pas les accomplir, comme Aristote

riionnète homme sacrifiera tout plutôt l'explique un peu plus bas. — De son

que de céder. plein gré. C'est un sacrifice que la

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