Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/564

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autre manière. On peut distinguer également toutes ces nuances pour les choses qui nous rassurent au lieu de nous effrayer. § 5. Celui qui supporte et sait craindre ce qu’il faut craindre et supporter ; qui le fait pour une juste cause ; de la manière et dans le moment convenables ; et qui sait également avoir une sage assurance dans toutes ces conditions, celui-là est l’homme de courage ; car l’homme courageux souffre et agit par une saine appréciation des choses, et conformément aux ordres de la raison.

§ 6. Or, la fin de chacun des actes particuliers est toujours conforme au caractère de l’agent ; et comme le courage est un devoir pour l’homme courageux, la fin qu’il se propose dans chacune de ses actions est conforme à ce noble but. Chaque chose n’est déterminée que par la fin à laquelle on la rapporte ; et par conséquent, c’est pour satisfaire à l’honneur et au devoir, que l’homme courageux supporte et fait tout ce qui constitue le vrai courage.

§ 7. Quant aux caractères qui pèchent ici par excès , celui qui est l’absence complète de toute espèce de crainte, n’a pas reçu de nom spécial ; et nous avons


se trompe. Aristote semble incliner ici, sans le vouloir sans doute, à la théorie Platonicienne.

§ 5. Par une saine appréciation des choses. Ce n’est pas réduire tout à fait la vertu à la science ; mais soutenir qu’on ne fait bien que parce qu’on sait ce qu’on doit faire, c’est bien prés de soutenir que quand l’on fait mal, on ne sait ce qu’on fait. — Conformément aux ordres de la raison. Principe Platonicien, recueilli et généralisé plus tard par le Stoïcisme.

§ 6. A l’honneur et au devoir. C’est en effet la source la plus vraie et la plus sûre du courage ; mais Aristote ne tient peut-être pas assez de compte des dispositions naturelles qui jouent ici un grand rôle.