Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/584

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62 MORALE A NI COMA QUE.

pêche pas d'ailleurs que le désir ne soit au fond par- faitement naturel. Les plaisirs des uns ne sont pas les plaisirs des autres; et, pour chacun de nous, il est certaines choses qui sont plus douces que certaines autres choses prises au hasard. § 3. En fait de désirs na- turels, il est donc assez rare de pécher; et encore le plus souvent, ce n'est qu'en un seul sens que l'on pèche, c'est-à-dire, par excès. Ainsi, manger ou boire les ali- ments même les plus vulgaires, jusqu'à ce qu'on soit ras- sasié outre mesure, c'est aller, par la quantité que l'on prend, au-delà de tout ce que la nature réclame, puis- qu'elle se contente de nous donner le simple désir de satisfaire le besoin. Aussi, appelle-t-on gloutons et ven- trus ceux qui satisfont ce désir au-delà du nécessaire ; et ce sont presque toujours des natures ignobles qui se dégradent par ce vice.

§ h. Mais, c'est surtout en 'fait de plaisirs spéciaux que la plupart des hommes commettent des fautes, et les fautes les plus diverses; car les gens qui reçoivent des appellations si différentes, suivant les passions qui les emportent, se rendent coupables, soit pour aimer des choses qu'il ne faut pas aimer, soit pour les aimer sans bornes, soit pour en jouir grossièrement, comme le vul- gaire, soit pour en jouir comme il ne convient pas d'en jouir, ou dans un moment peu convenable. Or, les gens

��§ 3. Il est donc assez rare de sont communs à tous les animaux, el

pécher. Les goûts contre nature sont ceux qui sont spéciaux à riiomme.

en effet des goûts exceptionnels. On peut entendre aussi ceux qui

§ b. En fuit de plaisirs spéciaux, sont personnels à tels ou tels indi-

Aristote a distingué plus haut les vidus; et ce dernier sens est peu! -

plaisirs en deux classes : ceux qui être préférable.

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