Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/586

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(3 A MORALE \ NICOMAQUE.

plus vive, et tout le temps qu'il désire, et quand il maiîqut> l'objet de ses vœux ; car le désir est toujours accompagné d'un sentiment de peine. J'avoue, d'ailleurs, qu'il est assez étrange de dire qiîe ce soit le plaisir qui fasse de la peine.

§ 7. Il n'y a pas beaucoup de gens qui pèchent par défaut du côté des plaisirs, et qui en jouissent moins qu il ne convient. Une pareille insensibilité n'appartient guère à la nature de l'homme. Les autres animaux, tout au moins, discernent leurs aliments , aimant les uns , et repous- sant les autres. Mais, s'il y a un être pour qui rien ne soit un objet de plaisir, et qui éprouve pour toutes choses la plus réelle indifférence , cet être là est tout à fait en dehors de l'humanité. Il n'y a pas de nom pour lui, parce que de fait il n'existe point.

§ 8. L'homme sage et tempérant sait tenir ici le milieu convenable ; il ne goûte pas ces plaisirs qui passionnent si violemment l'intempérant; et il sentirait plutôt de la ré- pugnance pour ces désordres. En général, il ne jouit point de ce dont il ne faut pas jouir; il ne jouit avec emporte- ment de quoique ce puisse être ; de même, qu'il ne s'afflige pas non plus outre mesure d'une privation. Ses désirs sont toujours également modérés, et il ne dépasse jamais les justes bornes. Il ne forme pas davantage des vœux intempestifs ; et en général , il évite toutes les fautes de ce genre. Il recherche avec mesure, et de la manière qui con- vient, tous les plaisirs qui contribuent à la santé et au

��§7. Qui pèchent par défaut. Aris- jour et signalép avec tant de sagesse,

tote n'insiste peut-être pas assez sur § 8. L'homme sage et tempérant.

cette faiblesse de la nature humaine, Ce portrait de la tempérance est

que Platon a mise dans totit son d'une concision et d'une beauté irH-

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