Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/606

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se rapporte tout à la lois à rindividu, à l'objet et aiu moyens. § 3. Celui qui, dans de petites choses, ou dans des choses médiocres , dépense comme il convient à sa di- gnité , ne mérite pas pour cela le nom de magnifique , pas ]-)lns que celui qui peut dire, comme le poète :

(( J'ai pris soin ent pitié de la misère errante. »

Le magnifique est celui qui sait dépenser convenable- blement pour les grandes choses. Il est libéral aussi ; mais le libéral n'est pas nécessairement magnifique.

J^ II. Relativement <à cette disposition, le défaut se nomme petitesse et mesquinerie; l'excès se nomme faste grossier, somptuosité sans goût. Et des critiques de ce genre peu- vent s'appliquer à toutes ces dépenses , non parce qu'elles sont excessives dans les choses où il faut cpi' elles le soient ; mais parce qu'on les fait pour briller dans des occasions , et d'une manière qu'il faudrait au contraire éviter. Du reste, nous reparlerons plus loin de ces détails.

§ 5. Le magnifique est, on peut dire, un homme de réflexion et de sagesse, puisqu'il est capable de voir ce qui convient dans chaque occasion , et de faire de grandes dépenses avec toute la mesure nécessaire. § 6. Ainsi que nous l'avons dit au début, ime qualité se détermine par

��§ 3. Dans île petites choses. Celte sagesse. Ceci s'appliquait peut-être

condition exclut Tidée même de ma- mieux encore au lil)éral. Il est cer-

gnificence, comme le mot l'indique tain que le magnilique court plus de

suflisamment, — Le poète. Homère, risques; car s'il se trompe dans ses

Odyssée, chant 17, v. ti20. calculs, il peut se ruiner. Son péril

$ '\. Plus loin. Dans la suite même est égal à ses dépenses,

dé ce chapitre et § 18. § 6. Au début. Voir plus haut,

§ 5. Un homme de réflexion et de livre I, ch. 8, § 8 ; et livre II, ch. 1,

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