Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/798

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une des espèces de la mollesse. Tel, par exemple, laisse traîner son manteau pour ne pas se donner la peine de le relever ; il prend des airs de malade et ne se croit pas ce- pendant fort à plaindre, quelque pareil qu’il se rende à ceux qui sont k plaindre réellement. § (5. De même pour la tempérance et l’intempérance. On ne s’étonne pas de voir un homme vaincu, soit par des jouissances excessives, soit par des peines violentes. Au contraire, on est plutôt porté à lui pardonner, s’il a résisté d’abord de toutes ses forces, comme le Philoctète de Théodecte blessé par le serpent, ou comme Cercyon dans l’Alopé de Carcinus, ou comme ceuxqui,s’efforçantde réprimer un fou rire , éclatent tout-à-coup à grand bruit, ainsi qu’il advint à Xénophante. Mais quand on se laisse vaincre dans les cas où la plupart

��dont on ne sent peut-être pas autant la justesse en français qu’en grec, parce que les mots que nous donne notre langue ne sont pas aussi opposés enlr’eux.

$ 5. Fort à plaindre. En tant que malade. L’exemple d’ailleurs qu’a choisi Aristote, ne semble pas éclair- cir beaucoup la pensée.

§ 6. Le Philoctète de Théodecte. Théodecte était un poète tragique, originaire de Phaséiis en Pamphylie, et ami d’ Aristote, qui paraît avoir fait grand cas de son talent. 11 le cite plusieurs fois dans sa Rhétorique, et aussi dans la Politique, livre I, ch, 2, § 19, p. 21 de ma traduction, 2* édition. D’après le commentateur grec, Philoctète dans la tragédie du poëte était mordu à la main par le serpent. Il supportait d’abord sans plainte l’affreuse douleur qu’il ressentait ; puis, ne pouvant plus se maîtriser, il s’écriait : Qu’on me coupe la main. — Cercyon dans l’Alopé de Carcinus. Il y a eu deux poètes tragiques du nom de Carcinus, l’un athénien, l’autre d’Agrigente en Sicile. On ne sait auquel des deux appartient la tragédie que cite Aristote. Suivant les commentateurs, Cercyon, dans la pièce de Carcinus, ayant découvert un amour coupable de sa fille, lui demandait quel était son amant. Il lui promettait de ne point s’irriter, si elle lui faisait cet aveu. Mais une fois qu’il avait reçu cette confidence, il en était si chagrin qu’il se tuait. — Xénophante. On ne connaît pas autrement ce personnage. Sénèque, De Ira, II, 2, cite un chanteur très-habile nommé Xé-