Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/84

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i.xxiv PllEF/VCE.

reconnaît très-bien que la préméditation aggrave la faute qu'elle constitue ; et tout en soutenant que l'ignorance est involontaire, il la punit absolument comme si elle ne l'était pas. 11 décrit avec une vérité frappante les combats que rend la liberté avant de succomber. 11 démontre que le plus beau triomphe est celui qu'on obtient sur soi-même, et qu'à celui- là est attaché le bonheur de la vie, comme le malheur au contraire est attaché à la défaite. Il croit si bien, en dépit de sa théorie, que l'homme peut être victo- rieux, qu'il lui indique les moyens de remporter la victoire, et lui conseille d'opposer aux assauts de la volupté les fatigues corporelles, qui détournent ail- leurs ce qui la nourrit et l'entretient. Il lui conseille encore de lutter sans cesse contre ses penchants naturels, et de les réprimer pour acquérir la perfec- tion de la force. Quand il veut expliquer la tempé- rance, il se raille bien un peu de cette expression : Être maître de soi-même, qu'il n'entend pas trop, à ce qu'il dit, pour se jouer de ses jeunes interlo- cuteurs. Mais il l'analyse pourtant avec une infail- lible sûreté; et il en rend compte par cette dualité de la nature humaine qu'à son grand honneur il a le premier constatée. On est maître de soi, quand, des deux parties dont l'homme se compose, la meilleure

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