Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/847

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LIVRE VIll, CH. IV, § 7. 3'25

ceux mêmes qui ne le sont que par intérêt, comme les Etats, dont les alliances militaij'es ne sont jamais faites ([u'en vue de l'utilité des contractants ; puisqu'on appelle encore amis ceux qui ne s'aiment que pour le plaisir, comme s'aiment les enfants, peut-être faut-il que nous aussi nous appellions du nom d'amis ceux qui ne s'aiment que par ces motifs. Mais alors nous aurons le soin de distinguer plusieurs espèces d' amitié. La première et la véritable amitié sera pour nous celle des gens ver- tueux et bons, qui s'aiment en tant qu'ils sont bons et vertueux. Les autres amitiés ne sont des amitiés que par leur ressemblance; avec celle-là. Les gens qui sont amis par ces motifs inférieurs, le deviennent toujours sous l'in- fluence de quelque chose de bon aussi et de quelque chose de semblaljle entr'eux qui les rapproche ; car le plaisir est un bien aux yeux de ceux qui aiment à le rechercher. § 6. Mais si ces amitiés par intérêt et par l)laisir ne lient pas très-étroitement les cœurs, ;1 est rare également qu'elles se rencontrent ensemble dans les mêmes individus, parce qu'en effet, les choses de hasard et d'accident ne 'se l'éunissent jamais entr' elles que très- imparfaitement.

§ 7. L'amitié étant donc divisée dans les espèces que nous avons indiquées, il reste que les méchants de-

��laisou, qu'une seule espèce d'amitié, Il semble que ce passage devrait êlre

celle qui se fonde sur l'estime et la reporté plus haut, vers le début de

vertu. — Nous aurons le soin de dis- ce chapitre.

tiuguer. C'est ce qu'Aristote a déjà § fi. Que très-imparfaitement.

fait plus haut, et il parle comme si Parce que le plaisir et l'intérêt sont

CCS distinctions n'avaient pas été aussi changeants et aussi mobiles l'un

faites. Il y a donc une sorte de dé- que l'autre. Voir la même idée, plus

sordre cl de confusion dans le texte, haut, ch. 3, § ?.

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