Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/848

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


326 MORALE A NICOMâQUE.

viennent amis par intérêt ou par plaisir, parce qu'ils n'ont entr'eux que ces points de ressemblance. Les bons au contraire deviennent amis pour eux-mêmes, c'est-à- dire en tant qu'ils sont bons. Ceux-là seuls sont donc amis absolument parlant; les autres ne le sont qu'indirecte- ment, et parce qu'ils ressemblent à certains égards aux véritables amis.

��CHAPITRE V.

Il faut pour l'amitié, comme pour la vertu, distinguer la disposition morale, et l'acte lui-même. On peut être très-sincèrement amis sans faire acte d'amitié : effets de l'absence. — Les vieillards et les gens d'un caractère rude et austère sont peu portés à l'amitié. — La vie commune est surtout le but et le signe de la véritable amitié. Eloignement des vieillards et des humoristes pour ,1a vie commune ; leur affection peut n'en être pas moins réelle.

§ l. De même que sous le rapport de la vertu, il faut faire des distinctions, et de même que les uns sont ap- pelés vertueux simplement à cause de la disposition morale outils ^ont, et les autres parce qu'ils sont vertueux en acte et en fait, de même aussi pour l'amitié. Les uns

��§ 7. Amis par intérêt ou far Ch. V. Gr. Morale, livre li, ch.

plaisir. C'est là ce qui a fait dire 13; Morale ù Eudème, livre VII,

que les méchants ne peuvent être cli. 3.

amis, et qu'il n'y a d'amitié réelle que § 1. Sous le rapport de la vertu.

parmilesbons : « Nulla nisi inter bo- Voir plus haut, livre II, ch. 1, § 1.

nos amicilia. » ~ Vertueux en acte et en fait. En

�� �