Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/849

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LIVRE VIII, CH. V, g 3. 327

jouissent actuellement du plaisir de vivre avec leurs amis et de leur faire du bien; les autres, séparés d'eux soit par un accident, comme les en sépare le sommeil, soit par l'éloignement des lieux, n'agissent pas pour le moment en tant qu'amis; mais ils sont en disposition cependant d'agir avec la plus sincère amitié. C'est qu'en effet la distance des lieux ne détruit pas absolument l'amitié ; elle en détruit seulement l'acte, le fait actuel. Il est vrai toutefois que si l'absence est de trop longue durée, elle semble aussi de nature à faire oublier l'amitié. Et de là le proverbe :

« Souvent un long silence a détruit l'amitié. »

^' 2. En général, les vieillards et les gens humoristes semblent médiocrement portés à l'amitié, parce que le sentiment du plaisir a peu de prise sur eux. Or, personne ne va passer ses jours avec quelqu'un qui lui est désa- gréable, ou qui ne lui fait pas plaisir; et la nature de l'homme, c'est surtout de fuir ce qui lui est pénible et de rechercher ce qui lui plaît. § 3. Quant aux gens qui se font mutuellement un bon accueil, mais qui ne vivent pas habituellement ensemble, on peut les classer plutôt panni les hommes unis d'une bienveillance réciproque que dans les amis proprement dits. Ce qui caractérise davantage des amis, c'est la vie commune. Quand on est dans le be- soin, on désire "cette communauté pour l'utilité qu'on y

��accomplissant des actes de vertu. — $2. Les gens kumoristes, Peut-

Souvent wn long silence... Ce vers être fuut-il entendre aussi :« les gens

est peut êtie emprunté à quelque d'un caractère austère. »

poète tragique ; mais on ne sait pas % ". C'est la vie commune. L'une

son nom. des conditions, si ce n'est de la véri-

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