Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/850

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328 MORALE A NICOMAQUE.

trouve; et quand on est dans l'aisance, on la désire pour le bonheur de passer ses jours avec ceux qu'on aime. 11 n'est l'ien qui convienne moins à des amis que l'isolement. Mais on ne saurait vivre ensemble qu'à la condition de se plaire, et d'avoir à peu près les mêmes goûts, accord qui se produit d'ordinaire entre les vrais camarades.

§ II. L'amitié par excellence est donc celle des gens vertueux. Ne craignons pas de le redire souvent, c'est le bien absolu , c'est le plaisir absolu qui sont vraiment dignes d'être aimés et d'être recherchés par nous. Mais comme pour chacun, c'est ce qu'il possède lui-même qui lui semble mériter son amour, l'homme de bien est tout ensemble pour l'homme de bien aussi agréable qu'il lui est bon. § 5. L'affection ou le goût semble être plutôt un sentiment passager; et l'amitié est une manière d'être constante. L'aff'ection ou le goût peut se prendre tout aussi bien aux choses inanimées. Mais la x'éciprocité d'amitié n'est jamais que le résultat d'une préférence volontaire, et la préférence tient toujours à une certaine manière d'être morale. Si l'on veut du bien à ceux qu'on aime, c'est uniquement pour eux, c'est-à-dire non point par un sentiment passager, mais par une manière d'être morale que l'on conserve à leur égard. En aimant son ami, on aime son propre bien à soi-même ; car l'homme bon et vertueux,

��table amitié, au moins de ramitié effet plus d'une fois ; mais ce prin-

complète. — Entre les vrais cama- cipe est assez important pour qu'on

rades. Il faut entendre surtout : « ca- puisse aisément excuser ces redites,

marades d'enfance, de plaisirs, de § 5. L'affection ou le goût. Il n'y

jeux, de devoirs. » a qu'un seul mot dans le texte ; j'ai

§ 4. Ne craignons -pas de le redire dû mettre le second à cause de ce

souvent. Aristote l'a déjà répété en qui suit sur les choses inanimées. —

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