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��MORALE A NICOMAQUE.

��votre aii)i? Ou bien faut-il plutôt garder souvenir de l'a- mitié qu'on a jadis ressentie? De même qu'on croit devoir se montrer plus obligeant pour des amis que pour des étrangers , de même aussi il faut encore accorder quelque chose à ce passé qui a vu votre liaison, à moins toutefois que la rupture ne soit venue d'un excès d'impardonnable perversité.

��CHAPITRE IV.

L'amitié qu'on a pour les autres vient de l'amitié qu'on a pour soi-même. On ne peut s'aimer qu'autant qu'on est bon. — Portrait de l'honnête homme; il est en paix avec lui-même, parce qu'il fait le bien exclusivement en vue du bien. — La vie est pleine de douceur pour lui. — Rapports de l'amitié et de l'égoïsme. — Portrait du méchant; ses désordres intérieurs; discordes de son âme ; haine de la vie ; horreur de soi-même. — Le suicide. — Avantages de la vertu.

g 1. Les sentiments d'affection qu'on a pour ses amis et qui constituent les vraies amitiés, semblent tirer leur

��§ 5. Garder souvenir. Voilà la vraie mesure ; il ne faut pas traiter, par respect pour soi-même, un ancien ami comme un simple étranger, même quand on a cessé de l'estimer comme on faisait jadis. — D'impar- donnable perversité. Ces règles si sages rappellent assez bien celles des Pythagoriciens. Quand un ami se montrait indigne d'affection et d'es- time, on le bannissait de la société ;

��on élevait un cénotaphe où l'on ins- crivait son nom, qu'il était défendu de prononcer désormais. Aristote aurait dû ajouter que ces exécutions du cœur sont toujours bien doulou- reuses, et qu'elles affligent plus en- core que la mort de l'ami.

C/i. IV. Gr. Morale, livre II, ch. 15; Morale ii Eudème, livre VII, ch. 6.

§ 1. Semblent tirer leur origine.

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