Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/908

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386 MORALE A NIGOMAQUE.

même dire qu'elles se rencontrent à peine chez les mal- lionnètes gens. Ils sont toujours en querelle avec eux- mêmes ; ils désirent une chose, et ils en veulent une autre, absolument comme les libertins, qui ne se dominent pas. Au lieu des choses qui leur semblent à eux-mêmes être bonnes, ils s'en vont préférer des choses qui leur sont agréables, mais qui leur sont funestes. § 8. D'autres, au contraire, s'abstiennent de faire ce qui leur semble le meilleur dans leur propre intérêt, soit par lâcheté, soit par paresse. Il en est d'autres encore qui, après avoir commis une foule de méfaits, en viennent à se détester eax-mêmes à cause de leur propre corruption ; ils fuient la ^ ie avec horreur, et finissent par le suicide. § 9. Les mé- chants peuvent bien rechercher des gens avec qui ils pas- sent leurs journées; mais avant tout, ils se fuient eux- mêmes. Quand ils sont seuls, leur mémoire ne leur fournit que des souvenirs douloureux ; et pour l'avenir, ils rêvent des projets non moins blâmables, tandis qu'au contraire, dans la compagnie d' autrui, ils oublient ces odieuses idées. N'ayant donc en eux rien d'aimable, ils n'éprouvent pour eux-mêmes aucun sentiment d'amour. De tels êtres ne peuvent sympathiser ni avec leurs propres plaisirs ni avec leurs propres peines. Leur âme est constamment en dis-

��§7. Cliez les mnUwnnctes gens, de ce genre ; mais il faut en croire le

Aristote fait une distinction entre les témoignage d'Aristole. Le remords

hommes qui ne sont que malhonnêtes, aura poussé plus d'un criminel à

et ceux qui sont profondément per- s'arracher la vie.

vers. Chez les premiers même, Tami- §9. Les méchants.... Cette pein-

tié n'est guère plus possible que chez ture d'une conscience coupable,

les autres. toute contraire à celle qui précède,

§ 8. El fiinsscut par le suicide, n'est pas moins admirable. — Mis en

L'antiquité ne cite guère de suicides pièces. Métaphore très-juste.

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