Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/940

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418 MOR\LE A NICOMAQUE.

��CHAPITRE XII.

��Douceurs de Tintimité. L'amitié e^;t comme l'amour; il faut tou- jours se voir. — Occupations communes qui servent à accroître l'intimité. — Les méchants se corrompent mutuellement. — Les bons s'améliorent encore par leur commerce réciproque. — Fin de la théorie de l'amitié.

��g 1. Pent-on dire qu'il en est de l'amitié comme de l'amour? Et de même que les amants se plaisent passion- nément à voir l'objet aimé, et qu'ils préfèrent cette sen- sation à toutes les autres, parce que c'est en elle surtout que consiste et se produit l'amour, de même aussi les amis ne recherchent-ils par dessus toutes choses à vivre ensemble? L'amitié est une association ; et ce qu'on est pour soi-même, on l'est pour son ami. Or, ce qu'on aime en soi personnellement, c'est de sentir qu'on est; et l'on se plaît à la même idée pour son ami. Mais ce sentiment n'agit et ne se réalise que dans la vie commune; et voilà comment les amis ont si fort raison de la désirer. L'occu- pation dont on fait sa propre vie, ou dans laquelle on trouve le plus de charmes, est celle aussi que chacun veui faire partager à ses amis en vivant avec eux. Ainsi, les uns

��Ck. XII. Gr. Morale, livre II, Les vrais amis ne peuvent guère plus

cb. 17 ; Morale à Eudème, livre VII, se quitter que les amants. — C'est

ch. 12. de sentir qu'on est. Voir plus haut

§ 1. Peut-on dire. Pas de tran- dans ce livre, ch. 9, § 9. — Veut

sition. — Il en est de C amitié comme faire partager à ses amis. Et que

de l'amour. Assimilation très-exacte, ses amis aiment autant que lui.

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