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DE NOS BESOINS INTELLECTUELS

tout en se trompant quelquefois — à sauver une race, — des gens qu’il aime — des gens qu’il n’a jamais cessé d’aimer, tout en les tenant pour étroits en certaines matières, bornés par certains côtés, aveugles, très aveugles, en certaines matières et par certains côtés, — des gens patriotes, aimant leur patelin, chérissant leur patelin (natal) au point de le croire un petit Paris ; — et qu’il (l’auteur) y donne probablement, certainement, mais malgré lui — consciemment malgré lui — malgré lui et le sachant, ce qui rend l’affaire encore plus ennuyante, — des satisfactions — presque des arrhes — à des gens qu’il n’aime pas, qu’il n’a jamais aimés, dont il a la haine dans le sang, dans les moelles ; des gens qu’il méprise et sur lesquels il espère pouvoir tirer un jour à bout portant — littéralement, absolument, tirer à bout portant ; — des gens qui ont des lettres et pas de patriotisme, et qui détestent les patriotes en tant que patriotes, non en tant qu’ignorants (comme il conviendrait) (quand il y a lieu).

Texte original intégral incomplet, qu’il faut publier quand même parce que des gens — pas nombreux, très peu nombreux, et surtout, pas tous braves, pas tous prêts à se mettre au blanc pour la cause de la vérité (ni pour aucune autre cause) (les braves, il suffit qu’il y en ait quelques-uns ; les autres suivent ; les autres sont faits pour suivre ; et au bout de quelque temps, quand la fortune retourne, se retourne, tout le monde est brave) — des gens plus fins que l’auteur, d’esprit plus délié, plus fin, — des gens qui n’ont pas, comme lui, fait leur apprentissage des lettres — de la pensée et du verbe (des lettres) — dans les « facteries de coton » — des gens plus instruits que l’auteur, et surtout plus fins (plus habiles) ; des gens ayant eu l’insigne avantage d’étudier sous des maîtres (d’école) — sous des hommes généralement igno-