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L’ŒUVRE DE L’ABBÉ GROULX

« L’Appel de la Race »


L’AFFABULATION de ce roman vous est connue. Aux environs de 1890, un jeune avocat canadien-français, Jules de Lantagnac, né en terre québecquoise d’une ancienne famille noble tombée en roture, se fixe à Ottawa où il épouse, après l’avoir convertie au catholicisme, Maud, fille d’un haut fonctionnaire fédéral, Davis Fletcher. À partir de ce moment, sa vie professionnelle et mondaine est anglaise. Il élève à l’anglaise et dans la langue anglaise ses quatre enfants, William, Wolfred, Nellie et Virginia. Une visite qu’il fait en 1915 à sa paroisse natale, Saint-Michel-de-Vaudreuil, après vingt ans d’absence, lui révèle dans la race canadienne-française des vertus morales et intellectuelles insoupçonnées. Ce fonds de richesses morales l’impressionne d’autant plus que la lecture des maîtres de la pensée française, à laquelle l’ont amené depuis quelque temps ses relations d’amitié avec un oblat, le père Fabien, l’a préparé à y voir le résultat d’une séculaire culture française et catholique. Du consentement tacite de sa femme, il introduit à son foyer l’enseignement de sa langue maternelle. Le P. Fabien, qui suit son évolution, le félicite, l’encourage. Jusque-là tout va bien. La question de l’enseignement du français à l’école catholique d’Ontario va poser un problème autrement