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EN GUISE DE PROGRAMME

ciété ou, comme ils disent, de la Race, ne sera en jeu, il ne rougira pas de servir ses amis plutôt que… les autres. Il lui arrivera même de préférer les gens peu vertueux, mais aimables, aux gens très vertueux, mais haïssables. Il se rappellera que de grands catholiques comme Louis Veuillot ne dédaignèrent pas toujours les faveurs du pouvoir.

Prendra les hommes comme ils sont, mais dans l’espérance de pouvoir les améliorer un peu. — L’âge rend indulgent et l’expérience enseigne que le fripon intelligent est parfois moins dangereux pour la société que l’imbécile honnête homme. L’Ordre ne demandera donc pas aux hommes publics plus qu’ils ne peuvent donner. Tout au plus se permettra-t-il de décerner à la sottise, en toute circonstance, le bonnet d’âne.

Travaillera de son mieux à mettre un peu d’ordre dans les idées, en combattant certaines balivernes dont le monde est eu train de périr : démocratie, suffrage universel, diplomatie de place publique, etc. — On connaît là-dessus les opinions du fondateur de l’Ordre. Il ne manquera pas une occasion de démontrer par des faits que la démocratie est un mensonge, le suffrage universel une duperie, la diplomatie de place publique une calamité.

Évitera néanmoins de chercher le salut de la société dans d’autres formules aussi creuses, quoique plus nouvelles, sans tenir compte de l’expérience. — Traitera avec le plus grand respect les directives papales en matière politique et sociale, mais ne s’en laissera pas imposer par les gens qui voudraient les appliquer à tort et à travers, sans y rien comprendre et sans tenir compte des circonstances de temps ni de lieu.

S’efforcera de toujours appeler un chat un chat. Osera, à l’occasion, appeler le fripon par son nom.