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PENSÉE FRANÇAISE

radio. Peu habile à ces sortes de luttes, d’ailleurs trahie de l’intérieur par quelques chefs de services qui voudraient bien arriver au conseil médical et dont l’action, propice à la destruction de toute autorité laïque — nous ne disons pas laïcisante — dans les hôpitaux comme à l’Université de Montréal, se traduira un jour ou l’autre par quelque « dégobeillage », elle a cru sauver la situation en acceptant, avec la démission du Dr Rabinovitch, une dérisoire amende honorable des grévistes. Nous le regrettons pour elle, mais elle a eu tort. L’Hôpital Notre-Dame a certes besoin de l’appui unanime des catholiques et sa première raison d’être est de les servir, mais il est certains faits que la direction, même si elle s’en tient aux considérations d’intérêt matériel, ne devrait pas oublier. Il n’est pas d’année où quelque hôpital de Montréal — que ce soit Notre-Dame, Sainte-Justine, la Miséricorde ou Saint-Jean-de-Dieu — n’ait besoin d’une subvention gouvernementale ou municipale : or, la caisse de la Province de Québec, celle de la Ville de Montréal, ne sont pas plus catholiques que protestantes, et les pouvoirs publics se demanderont peut-être à l’avenir, avant de subventionner une institution de bienfaisance, quel esprit l’anime : la charité chrétienne ou le sectarisme. Parce que tout le monde a soutenu leur opportune campagne contre le blasphème, les grotesques commis-voyageurs « catholiques » sont en train de se muer en énergumènes qui menacent la liberté la plus élémentaire des laïques en matière sociale. Si la direction de Notre-Dame estime nécessaire de céder à leurs chantages, elle s’apercevra bientôt qu’il y a parmi les catholiques de la province de Québec une nombreuse clientèle, non la moins payante, qui ayant à choisir entre plusieurs hôpitaux préférera celui où le malade ne reçoit pas ses soins de jeunes « patriotes » fermés à tout sentiment de devoir et d’honneur professionnel, voire de simple honnête-