Page:Asselin - Pensée française, pages choisies, 1937.djvu/79

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
83
LE SOU DE LA PENSÉE FRANÇAISE

expériences locales qui coûteraient peu de chose, et qui éclaireraient tout le monde ; je suis, quant à moi, porté à croire qu’ici comme dans les deux communes de la Nouvelle-Écosse où on en fait l’épreuve, la centralisation, même favorisée par des conditions géographiques exceptionnelles, désappointerait ses partisans. Mais que la centralisation doive ou ne doive pas être avantageuse au double point de vue économique et pédagogique, à qui fera-t-on croire que la fusion de trois ou quatre petites écoles de « bout de rang » en une seule soit une invention de Satan ? Les Canadiens-Français ne sont pas encore idiots, que diable ! Pendant dix ans nous avons entendu dire que la gratuité scolaire était une hérésie religieuse en même temps qu’une hérésie pédagogique ; et voici que graduellement, à Montréal, l’enseignement devient gratuit dans toutes les écoles ; et voici bien plus encore, qui est qu’un nouveau projet de loi scolaire annoncé par le catholique et antimaçonnique gouvernement belge comporte et l’obligation et la gratuité. Ce sont toutes ces bévues qui ont fini par lasser de la rengaine maçonnique ou antimaçonnique des masses de gens qui n’ont rien de commun avec M. Langlois, et par forcer les adversaires de M. Langlois à recourir au vol de grand chemin et à se discréditer ainsi d’une autre manière, pour pouvoir démontrer au public las de leurs dégoisements l’existence d’une loge maçonnique à Montréal. Il eût fallu attendre M. Langlois aux idées essentielles, en le forçant à se démasquer. Je ne le défends pas, je ne discute pas ; qu’on ne craigne pas qu’à propos d’un enfant, d’un agneau et d’un Canayen, je me laisse entraîner dans une polémique qui ne profiterait qu’à ces égrefins du journalisme qui au nom de la religion tronquent les textes, faussent les dates, dénaturent les opinions. Je constate seulement que M. Langlois, maçon reconnu, est devenu dans une population catholique, par la bêtise de ceux qui le com-