Page:Audoux - De la ville au moulin.djvu/134

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toujours toi qui envoyais les lettres de Nicole et Nicolas parce que les enfants ne savent jamais bien l’adresse et que le père Noël ne demeure jamais au même endroit. Alors, j’ai mis une adresse comme ça, parce qu’il y a sûrement une rue du petit Jésus au ciel. Tu la changeras si tu veux l’adresse parce que moi j’en sais pas une autre.

« Ta petite Reine. »


J’ignore si Clémence aura Paris pour ses étrennes mais je sais bien que dans le soulier de ma petite Reine il y aura une belle poupée boiteuse.


Grâce à Valère, le commerce de ses patrons va maintenant à souhait. Eux-mêmes repris d’activité, parlent de vendre une fois de plus leur maison pour en monter une autre. Par exemple, dans celle-là ils installeront définitivement leur vieillesse. Ils la veulent vaste et luxueuse, comme récompense à leur vie de travail et ils hésitent entre Paris et Nice, ces deux villes de luxe.

N’ayant pas de famille, ils ont pris Valère en amitié, et s’ils ne songent pas à en faire leur associé, ils désirent en faire un chef sur lequel ils comptent se reposer en tout et pour tout.

Valère ne veut pas habiter Paris ; il y a fait son service militaire et il en garde une impression de resserrement qu’il craint d’y retrouver et qui lui rendrait le séjour pénible. Au contraire il aime Nice qu’il connaît bien et qu’il me décrit. Il y place ses patrons au bon endroit :

« Ces deux vieux vivront là comme des princes et pourront jouir de leur fortune si durement gagnée. »