Page:Audoux - Douce Lumiere.djvu/168

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De nouveau il étend la main ; puis il reste tranquille, comme endormi. Au matin, Églantine informe la gardienne de la maison. Et c’est ainsi qu’elle apprend que son voisin se nomme Jacques Hermont, qu’il est organiste, et que Christine est sa petite fille, âgée de quatre ans, qu’il fait élever dans une pension du quartier. En fin de journée, rentrant de son travail, elle apprend que Jacques Hermont, par ordre du médecin, a été transporté à l’hôpital où il lui faudra rester pas mal de temps pour guérir sa mauvaise fièvre. C’est là qu’elle devait le revoir une semaine plus tard, sur l’insistance d’une jeune femme aussi éblouissante de toilette que de beauté, qui était entrée un soir chez elle en disant :

— Je suis Tensia Hermont.

Devant l’air étonné d’Églantine elle s’était expliquée rapidement et clairement. Elle était la femme de l’organiste. Elle savait comment la jeune fille s’était dévouée, et elle venait la prier de se dévouer encore en allant auprès du malade, car, pour elle, l’hôpital était un endroit affreux où jamais elle ne pourrait mettre les pieds. Mais, parce que son mari était malade, fallait-il donc qu’elle soit privée de sa petite, que les dames de la pension refusaient de