Page:Augier - Théatre complet, tome 4.djvu/121

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Pommeau, lui remettant le bon.

Allez, madame, allez.


Madame Charlot, lui remettant un papier.

Voilà le billet ! Votre servante. (À séraphine qui paraît et s’arrête en voyant madame Charlot avec son mari.) Désolée, ma petite dame, j’ai attendu jusqu’à deux heures… et vous savez, j’ai une échéance à trois… ça ne badine pas, les créanciers !

Elle sort.



Scène VIII

SÉRAPHINE, POMMEAU.



Pommeau s’avance lentement vers elle, lui présente le billet, et après un silence :

Je ne te ferai pas de reproches… je suis aussi coupable que toi.


Séraphine, à part.

Tiens !


Pommeau.

Je prêtais à ta jeunesse la raison de mon âge : au lieu de te donner des habitudes d’ordre, j’encourageais ton penchant à la dissipation ; je comptais que ton bon sens t’empêcherait de dépasser certaines limites. Il est arrivé ce que j’aurais dû prévoir. J’avais manqué de prudence, tu as manqué de confiance… La faute est à nous deux, et j’aurais mauvaise grâce à n’en pas assumer ma part. Passons donc l’éponge sur nos torts réciproques (Il déchire le billet.) et occupons-nous de l’avenir. Il ne nous reste