Page:Augier - Théatre complet, tome 4.djvu/125

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Pommeau.

Tu me le demandes ?


Séraphine.

Vous battre avec lui ? C’est impossible.


Pommeau.

Il refuserait ! — Qu’est-ce que vous réclamez, bonhomme ?… J’ai payé ! — Mais il faudra bien qu’il se batte, lorsque avec son argent je l’aurai souffleté. Combien je lui dois, je l’ignore, mais c’est toute ma fortune.


Séraphine.

Toute ?


Pommeau.

Qu’entre la ruine et moi il n’y ait plus de place pour un soupçon.


Séraphine, froidement.

Et nous ?


Pommeau.

Nous vivrons de mon travail.


Séraphine.

La misère, alors.


Pommeau.

La pauvreté, qui sera notre réhabilitation et ton rachat. Son nom ?… Son nom, qu’il n’accole pas plus longtemps le mien au tarif de ses bonnes fortunes ! Allons !… Parle !… (Il la prend par les poignets.) Parleras-tu, enfin ? tu te tais ?… mais tu ne comprends donc pas !… C’est la première condition du pardon… Voyons, parle,