Page:Augier - Théatre complet, tome 4.djvu/128

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Thérèse.

Que pouvais-je faire ? N’est-ce pas assez de mon existence perdue, et me fallait-il en briser une autre ?


Léon.

Oui, tu es un grand cœur.


Thérèse.

Une honnête femme, rien de plus.


Léon.

L’indigne créature !


Thérèse.

Il ne vous manque plus que de l’insulter !


Léon.

Tu la défends ?


Thérèse.

Non, mais je vous accuse, vous, qui avez fait tourner à sa perte son intimité même ici, où tout devait lui servir de sauvegarde ; vous, que ma confiance prenait plaisir à rapprocher d’elle ; vous, sur qui j’aurais compté comme sur moi-même dans une heure de péril pour protéger son honneur.


Léon.

Thérèse !


Thérèse.

Ce que vous avez fait n’a pas de nom dans le langage des gens de cœur ; c’est un manque de foi, une trahison de tous les jours, quelque chose de vil comme un vol domestique.