Page:Augier - Théatre complet, tome 4.djvu/55

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Bordognon.

Attends donc ! La femme qui a commencé par accepter, finit par demander, et une fois sur cette pente, leur aventure devient un ménage, avec tous ses tiraillements, ses aigreurs ; l’amour s’en va, et de fil en aiguille, ils ne s’aperçoivent pas, l’une qu’elle reçoit de l’argent d’un homme qu’elle n’aime plus, l’autre qu’avec ses petits cadeaux ce n’est plus l’amitié qu’il entretient !


Léon, la tête basse.

C’est vrai ! mais le jour où il s’en aperçoit…


Bordognon.

Ah ! ah ! On dirait que je viens de te faire tomber les écailles des yeux… Je ne te demande rien. Défiance entière et réciproque, c’est la devise de l’amitié. Je vais donner mon congé. (À part.) J’emménagerai au terme ! (Haut.) Bonjour.

(Il sort.)



Scène II

LÉON, seul ; puis THÉRÈSE.



Léon.

Il fallait que cet écervelé vînt me remettre le doigt sur la plaie ! (Il s’assied à droite, Thérèse paraît.) Thérèse ! (À part.) Je ne puis plus la voir sans que mon cœur se serre !


Thérèse.

M. Frédéric est parti ; qu’avait-il à te dire ?