Page:Augier - Théatre complet, tome 4.djvu/80

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Léon.

Je suis, si tu veux le savoir, dans une anxiété horrible.


Bordognon.

À cause de quoi ?


Léon.

Depuis ce matin je cours après une somme de dix mille francs.


Bordognon.

Qui t’est due ?


Léon.

Que je dois au contraire, et que je ne puis trouver.


Bordognon.

La retraite des dix mille ! Je te crois parbleu bien : la Bourse a tué l’emprunt, mon brave homme ! On ne prête plus ; l’argent, juste châtiment de ses méfaits, travaille aujourd’hui comme un forçat au bagne ; il faut qu’il rende, rende plus en un mois qu’il ne faisait autrefois dans une année ! De placements, plus n’en est question, et les notaires sont dans une débine qui réjouit les agents de change.


Léon.

Tu ne serais pas en état de m’avancer… pour huit jours seulement, pas une minute de plus, je t’en donne ma parole… Il s’agit pour moi d’une dette d’honneur.


Bordognon.

Quand te les faut-il, ces dix mille francs ? dans les vingt-quatre heures ?


Léon.

Demain, avant midi, délai de rigueur.