Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/251

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cher à l’auberge. Le seul regret de M.e Harville était que sa petite maison ne pût loger tout le monde ; cependant, en mettant les enfans dans la chambre des bonnes, on trouva le moyen de garder au moins les deux dames si elles voulaient rester ; si elles n’y consentaient pas, M.e Harville les conjurait d’être sans inquiétude sur les soins que demandait Louisa ; M.e Harville était une garde-malade expérimentée, et sa bonne d’enfant, qui ne l’avait pas quittée depuis son mariage, avait la même capacité : avec elles deux, miss Musgrove ne serait pas seule un instant ni le jour ni la nuit ; tout cela fut proposé avec une sincérité, une sensibilité qui inspiraient une entière confiance.

Charles, Henriette et Wentworth étaient en grande consultation, et ce ne fut d’abord qu’un échange de terreur et de perplexité : Uppercross, la nécessité d’y aller, la manière d’apprendre l’affreuse nouvelle à M. et M.e Musgrove, la matinée déjà si avancée, l’impossibilité d’être là au temps fixé, l’inquiétude du retard et de ce qui allait suivre ; M.e Musgrove très-faible au moral, et qui pouvait succomber à son émotion, etc., etc. Pendant quelques minutes, il n’y eut entre eux que des