Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/98

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trouver si malade : votre dernier billet m’annonçait cependant que vous étiez assez bien ?

— Si je vous ai dit cela, c’était pour ne pas vous inquiéter ; vous savez que je ne me plains jamais ; j’étais loin d’être bien, mais je n’ai été de ma vie aussi souffrante que ce matin : seule ! absolument seule ! Supposez que j’eusse été saisie d’une attaque nerveuse, d’un évanouissement, et que j’eusse été incapable de tirer le cordon de la sonnette, cela ne fait-il pas frémir ? Lady Russel vous a donc amenée, et sans songer à venir me voir ? Je ne crois pas qu’elle soit venue ici trois fois cet été. »

Alice l’excusa comme elle put, puis s’informa de la santé de son beau-frère.

« Oh ! Charles n’est jamais malade, répondit Maria ; il ne sait pas ce que c’est : l’heureux mortel ! Il est allé chasser, et je ne l’ai point aperçu depuis neuf heures ; il a voulu sortir, quoique je l’aie assuré que j’étais très-mal : n’est-ce pas un horrible procédé ? Il m’a dit qu’il ne resterait pas long-temps, et voilà près d’une heure ; c’est odieux ! Je vous le répète, je suis depuis ce matin dans l’isolement le plus complet ; c’est à mourir d’ennui.

— Mais n’avez-vous pas vu vos petits garçons ?