Page:Austen - Orgueil et Prevention 1.djvu/213

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
209
ET PRÉVENTION

heur, et je suis bien convaincue que je ne pourrai jamais faire le vôtre. Bien plus, si votre amie lady Catherine me connaissait, j’ai tout lieu de croire qu’elle n’approuverait pas votre choix.

» — S’il était vrai ! dit M. Colins très-gravement ; mais non, je ne puis supposer que lady Catherine vous jugeât si défavorablement, et soyez bien persuadée que lorsque j’aurai l’honneur de la revoir, je lui vanterai beaucoup la modestie, l’économie qui s’unissent chez vous à tant d’autres aimables qualités.

» — En vérité, M. Colins, tout éloge de moi sera inutile, faites-moi la grâce de le croire ; je souhaite votre bonheur et la prospérité de votre fortune, pour lesquels je fais tout ce que je puis, en refusant votre main. Par la demande de ma main, vous avez rempli le devoir que votre seule délicatesse vous imposait à l’égard de ma famille, et quand le moment viendra, vous pourrez sans aucun scrupule prendre possession de la terre de Longbourn ; considérez donc cette