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ORGUEIL

bien d’années M. Bennet pourrait encore vivre ; et sir William remarqua d’un air important, que lorsque M. et Mme Colins seraient possesseurs de la terre de Longbourn, il faudrait nécessairement qu’ils se fissent présenter à la cour. Ce mariage, en un mot, comblait de joie toute la famille. Les jeunes sœurs eurent l’espoir d’être présentées dans le monde un ou deux ans plus tôt qu’elles n’avaient jusqu’alors osé l’espérer, et les frères étaient délivrés de la crainte de voir Charlotte vieille fille. Charlotte elle-même était passablement tranquille, elle avait atteint son but, et pouvait à loisir se rendre compte du succès de ses soins et de l’avenir qui l’attendait : ses réflexions en général furent assez satisfaisantes. M. Colins, il est vrai, n’avait ni bon sens, ni esprit ; sa personne était fade, sa conversation plate, son attachement pour elle sans doute imaginaire ; mais c’était un mari ! Et sans avoir d’ailleurs une trop haute opinion des hommes, ni du mariage, elle songeait à s’établir, c’était le