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MILLE ET UN JOURS

Il répond qu’il veut faire plaisir à sa mère devant laquelle il ne s’est jamais présenté avec cet uniforme. On le laisse passer. Il arrive à Anvers, visite sa vieille mère qui l’embrasse et, — en bonne Allemande, — affirme qu’elle ne l’a jamais vu aussi beau.

Werner conçoit le projet, — si toutefois il ne l’avait conçu auparavant, — de se débarrasser de son uniforme, de revêtir un habit de civil, et de déserter en se sauvant en Hollande. Pour cela, il lui faut le concours d’un de ses cousins qu’il va visiter à ce sujet. L’affaire est immédiatement arrangée : l’habit de civil lui est fourni, et Werner, — précaution qui surprendra le lecteur, — fait un paquet de son uniforme de grenadier et l’adresse au régiment Alexander, à Berlin. Enfin, dans la soirée, on se met en marche vers Capellen pour, de là, passer la frontière au cours de la nuit si c’est possible.

A Capellen, Werner et son cousin tombent dans un piège. Un espion aux gages de l’autorité militaire occupante les amène dans un certain estaminet. Là, on leur conseille d’aller passer la nuit chez le maire, parce que toutes les chambres sont occupées, et le lendemain ils pourront passer la frontière. La maison du maire était un véritable guet-apens, car elle était occupée par des officiers allemands, ce que Werner et son compagnon ignoraient. Ils étaient tout bonnement pris au piège, et retenus jusqu’au lendemain chez Monsieur le maire. On leur fit alors subir un interrogatoire très minutieux au cours duquel on découvrit, il n’y avait pas à en douter, que