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MILLE ET UN JOURS

gneusement scellées et paraphées, et me fut renvoyé à la prison.

Cela se passait un samedi ; le lundi suivant, le premier lieutenant Block, qui commandait à la prison, arrivait à ma cellule en toute hâte, me disant :

— « J’ai une bonne nouvelle pour vous. Le gouvernement allemand vous fait offrir, par mon entremise, de passer en Hollande par la Belgique, afin de vous donner le plaisir et l’avantage de rendre visite à vos enfants qui demeurent près d’Anvers. On attend de vous une réponse immédiate à ce sujet. »

— « Ma réponse, lui dis-je, sera courte : j’accepte avec remerciements. »

Il y avait alors trois ans que j’avais quitté Capellen et je n’avais jamais reçu la visite de ma fille et des enfants de ma femme qui y étaient demeurés.

— « Cela prendra bien encore quelques jours, dit l’officier, vu qu’il faut prévenir les différents postes militaires, en Belgique, par où vous devez passer. »

— « Je n’ai pas d’objection à attendre une, deux ou même trois semaines pour avoir ce précieux privilège de revoir mes enfants avant de passer en Angleterre. »

— « Je vais communiquer votre réponse au Ministère des Affaires Etrangères. »

Trois jours plus tard, ce même officier m’apprenait qu’il avait été choisi pour m’accompagner à Bruxelles et jusqu’à la frontière de Hollande. Il semblait particulièrement heureux d’avoir été choisi,