Page:Béland - Mille et un jours en prison à Berlin, 1919.djvu/178

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
175
EN PRISON À BERLIN

et quant à moi, je n’avais rien à dire. J’avais eu des relations fréquentes avec cet officier depuis plus de deux ans, et il m’était plus agréable, évidemment, de voyager avec quelqu’un qui m’était ainsi familier, et qui en somme avait uni ses efforts aux miens lorsque j’avais tenté de me rendre au chevet de ma femme mourante.

J’attendis pendant une longue semaine, suivie d’une autre longue semaine, lorsque le même officier se présenta de nouveau, mais avec une figure sombre me laissant assez prévoir qu’une nouvelle tuile allait m’être lancée sur la tête…

— « Une mauvaise nouvelle »  , lui dis-je ? »…

— « Oui, une mauvaise nouvelle, vraiment. »

— « Je sais ce dont il s’agit : on refuse maintenant de me laisser passer par la Belgique »…

— « Vous l’avez dit. »

Alors, je ne pus réprimer un léger mouvement d’impatience et de contrariété :

— « Comment pareille chose peut-elle arriver ?… Ne m’avez-vous pas dit que le gouvernement allemand avait décidé de me laisser passer en territoire occupé pour voir mes enfants ? »…

— « Oui », répondit-il.

— « Alors, quel est donc ce pouvoir supérieur qui est en position de désavouer une décision prise par le gouvernement ? »

— « C’est l’autorité militaire !!! »…