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EN PRISON À BERLIN

blessés arrivèrent à notre hôpital. Ils venaient du centre de la Belgique. Nous en avions eu un, venant de Liège, qui n’a cessé, je ne l’oublierai jamais, de nous divertir par sa verve endiablée, et son intarissable faconde.

Tous les médecins de l’hôpital, à part moi, faisaient partie de l’armée, du moins depuis le début de la guerre.

C’est le 25 août, si j’ai bonne mémoire, qu’un premier « raid » aérien eut lieu au-dessus de la ville d’Anvers. On peut facilement imaginer l’émotion créée par l’apparition d’un Zeppelin au-dessus de la ville. Onze civils, hommes femmes et enfants furent victimes de cette monstrueuse attaque. Le lendemain, un journal d’Anvers, « La Métropole », publiait un entrefilet où il était proposé d’inhumer les corps de ces victimes à un certain endroit de la ville, et d’y élever un monument avec l’inscription suivante : « Assassinés par la brutalité allemande le 25 août 1914. »

L’indignation était à son comble. Les citoyens allemands qui se trouvaient à Anvers, sentant que leur position devenait intenable, se « défilèrent » pour la plupart.

Chaque jour j’arrivais à l’hôpital avec le « Times » de Londres. Dans nos moments de loisir, mes collègues m’entouraient pour entendre la lecture des principaux articles que je leur traduisais.

Bruxelles était depuis le 18 août occupée par les