Page:Béland - Mille et un jours en prison à Berlin, 1919.djvu/53

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Chapitre IX


un hôte allemand


« Hâtez-vous, Monsieur et Madame, de rentrer chez-vous, car les Allemands sont là. » C’était un gamin qui nous apostrophait ainsi, sur la chaussée, entre l’église et le château. Nous revenions, ma femme et moi, du service religieux, lorsque ce petit garçon nous apprit que des Allemands nous attendaient à la maison. Nous pressons le pas, et quelques instants plus tard nous constatons, en passant la grande grille, qu’une automobile stationnait devant notre porte. En entrant, nous nous trouvons en présence d’un officier allemand, le casque à pointe sur la tête, et qui nous saluait, ma femme et moi, en s’inclinant très bas. À la porte, il avait laissé, dans son automobile, trois autres militaires. Cet officier, qui parlait assez bon français, était venu nous demander à loger. Cette proposition tout à fait inattendue nous laissa passablement perplexes : il était assez difficile de refuser, et il ne nous était pas agréable du tout d’accepter ! Nous essayons de lui faire comprendre que la maison est remplie, que de