Page:Banville - Ésope, 1893.djvu/58

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ACTE TROISIÈME


Au lever du rideau, le Roi est assis, immobile, et songe profondément.



Scène première


CRÉSUS


Donc, celui que j’aimais déchire
Mon cœur en son délire !
Car le Roi resplendit comme un astre de feu,
Mais en tenant le sceptre honoré des cieux même
Le Roi n’a personne qui l’aime.
Il est seul et terrible et triste comme un dieu.

Le Roi jette au loin l’épouvante,
La Gloire est sa servante.
Il ne prend nul souci de ce qui dure peu.
Mais, enivré du vin triomphal et suprême,
Le Roi n’a personne qui l’aime.
Il est seul et terrible et triste comme un dieu.