Page:Banville - Œuvres, Le Sang de la coupe, 1890.djvu/25

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George, qui tout un soir a soudain rajeuni
Un parterre de rois qu’on vit tressaillir d’aise ;
La reine Caroline et Pauline Borghèse,
Ces déesses qu’aimaient dans un siècle fini
Les héros disparus, et la Celiani
Que Prudhon fait sourire au soleil qui la baise.

Je t’ai donné Saint-Ange habile à mes doux jeux,
Blanche Colbert pareille à Niobé, Lignolle,
Ozy, les deux Arsène, et Doche ton idole,
Letellier blonde et blanche aux cheveux radieux,
Et cette Cléonice insoucieuse et folle
Dont le châle est pareil à la pourpre des Dieux.

Et pour cacher parmi les Nymphes familières
Les baisers, la défaite et les charmants refus,
J’ai fait fleurir pour toi mille jardins confus
Qu’Hésiode eût chantés, qu’a chéris Deshoulières,
Cythères et Paphos pleins d’œillets et de lierres,
De rivières d’argent et d’ombrages touffus !

Montmorency, joyeux de ses cerises roses,
Bagatelle, où rêvant sous un royal abri,
La peinture d’amour comme un lys a fleuri,
Enghien, dont le lac pur sourit aux cieux moroses,
Maurecourt, Saint-Germain, Fraisfontaine, Fleury,
Grosbois, et Fontenay que fleurissent les roses !