Page:Banville - Petit Traité de poésie française, 1881.djvu/36

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


placé non à l’hémistiche, mais dans le corps d’un vers, forme encore syllabe lors même qu’il est suivi d’un mot commençant par une voyelle. Mais dans ce cas, les lettres s ou nt sont naturellement rattachées au mot suivant par la liaison, telle que l’indique la prononciation usuelle. Ainsi, les vers suivants :


Quelques-unes étaient si près des dieux venues,

Victor Hugo. Le Satyre. La Légende des Siècles.


Barletta dans la Pouille, et Crême en Lombardie
Valent une cité, mê-me forte et hardie ;
Victor Hugo. Éviradnus. La Légende des Siècles.


se prononcent naturellement ainsi :


Quel-quesu-ne- Sé-taient si près des dieux ve-nues,


et :


Barletta dans la Pouille, et Crême en Lombardie
Va-le Tu-ne cité, même for-tet-har-die.


Les mots terminés par un e muet précédé d’une ou de plusieurs voyelles, tels que partie, absolue, vie, avoue, Térée, joie, peuvent entrer dans le corps d’un vers, mais à la condition qu’ils seront suivis d’un mot qui commence par une voyelle avec lequel I’e final s’élide, comme dans les exemples suivants :


On poursuit ma partie, on force une maison.
Racine. Les Plaideurs. Acte III, Scène iii.