Page:Banville - Petit Traité de poésie française, 1881.djvu/42

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Il y a un point sur lequel j’ose n’être pas d’accord avec celui qui a toujours raison : n’est-ce pas assez dire qu’ici nul n’a qualité pour formuler des règles ? Celles que je vais énoncer résultent seulement d’observations faites d’après l’usage adopté par les meilleurs poètes ; mais si les Dieux se trompent, à qui recourir, dans un pays où les marchandes d’herbes n’ont pas, comme à Athènes, l’oreille assez délicate pour corriger Euripide ?

IA forme généralement deux syllabes, soit dans les substantifs, soit dans les verbes. On prononce di-a-mant , ir-ré-mé-di-a-ble, in-cen-di-a, ca-mel-li-a.


Dans le cuivre et le plomb di-a-mant enchâssé.

Lamartine. Jocelyn, Première époque.


Quelques mots font exception, fia-cre, diacre ; liard (si mon maître veut bien le permettre) :


                                                             … soixante
Un chanoine, quatorze ar-chi-dia-cres, cinquante
Docteurs,…

Alfred de Musset. Mardoche, Premières poésies.


Et aussi dia-ble et ef-fro-ya-ble, pour lesquels du moins je puis invoquer son autorité :


Eh bien I que dites-vous de l’algarade ? — Ah ! diable !
Je dis que nous vivons dans un siècle ef-fro-ya-ble !

Victor Hugo. Ruy-Blas, Acte I, Scène ii.