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Scène III


SOCRATE, DRACÈS, ANTISTHÈNES, PRAXIAS, EUPOLIS, MÉLITTA, BACCHIS, Citoyens et Femmes d’Athènes



Socrate, entrant, au milieu d’une foule attentive et respectueuse.

De colère dans ma poitrine ! Chers amis,
Entrez. C’est bien le moins qu’ici je vous reçoive.
Montrant la table, où un esclave dispose des amphores et des coupes.
Voici du vin vieux ; si quelqu’un a soif, qu’il boive,
Et si quelqu’un de vous a soif de vérité,
Qu’il écoute. Je parle avec sincérité.


Dracès.

Oui, parle-nous, car seul, pendant ces jours funèbres,
Tu tiens le clair flambeau qui luit dans les ténèbres.
Qui t’écoute est savant et marche avec le jour.
Pour moi, Dracès, bien vite oubliant tout, l’amour
Et mon champ caressé par la vague marine,
Je quitte ma maison et ma chère Myrrhine,
Et je te suis.


Socrate, à Dracès.

Et je te suis. Vraiment, c’est trop de zèle, ami.
Aux Athéniens.
Cependant, éveillons notre esprit endormi.
À Antisthènes.
Ne demandais-tu pas, tout à l’heure, Antisthènes,
Si nous devons porter, vivants, le deuil d’Athènes ?