Page:Barbey d'Aurevilly - Une vieille maitresse, tome 1.djvu/113

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de Flers gardait dans son cœur le souvenir alarmé des paroles de madame d’Artelles ! Elle n’avait point agi encore vis-à-vis de son futur petit-fils. Pourquoi avait-elle attendu ? L’espoir qu’elle avait eu d’abord de tout éclaircir et de tout savoir était-il détruit ? Y avait-elle renoncé ? Quand elle aurait voulu oublier les confidences de son amie, elle ne l’aurait pas pu, avec une femme aussi prévenue que la comtesse, qui perpétuellement la harcelait, qui perpétuellement venait tendre sa toile d’araignée autour d’elle avec la persistance de l’habitude, qui lui promettait des renseignements certains sur cette liaison toujours subsistante entre Vellini et Ryno, qui ne les lui donnait pas, mais qui allait toujours les lui donner. D’ailleurs, madame de Flers ne se dissimulait point qu’une telle liaison, si elle existait, exposerait Hermangarde à l’un de ces malheurs pour lesquels le monde n’a que des plaisanteries cruelles ou une fausse pitié. Madame d’Artelles, de son côté, ne voyant pas venir ces renseignements qu’elle annonçait à grands sons de trompe, cornés journellement aux oreilles de son amie, devait craindre que l’indulgente marquise ne fût retombée tout doucettement sur le duvet de sa première sécurité. Comme on l’a vu, le furet de la comtesse d’Artelles, M. de Prosny, avait fait une chasse malheureuse. Vellini n’a-