Page:Barbey d'Aurevilly - Une vieille maitresse, tome 1.djvu/125

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elle ; — si vous ne deviez plus revoir Hermangarde ; si maintenant tout était fini entre vous ?… »

Ryno de Marigny était debout. Il tenait à la main le bouquet de la belle Hermangarde. Il eut la faiblesse de devenir pâle en entendant parler ainsi la marquise de Flers.

« Vous qui avez accepté d’être ma mère, — dit-il gravement, — pourquoi cette supposition cruelle ? Ne m’avez-vous pas donné Hermangarde ? et ce que vous avez lié, qui peut le délier, excepté vous ? »

Ce peu de paroles rappela la marquise au sentiment de la position qu’elle avait créée.

« Vous avez raison, — répondit-elle, — pas même moi !… il est trop tard ! Mais écoutez-moi, Marigny. Je suis votre vieille amie. Je vous ai choisi pour mon petit-fils, malgré les préventions de tous. Dernièrement, ces préventions ont pris un si effrayant caractère ! On m’a raconté de ces choses qui mettent en un péril si certain le bonheur de ma pauvre Hermangarde, que j’ai résolu de tout vous dire pour que vous puissiez me rassurer.

— Parlez, — dit-il avec un calme qui parut de bon augure à la marquise, en croisant ses bras par-dessus le bouquet de violettes de Parme qu’il mit sur son cœur.

— Répondez-moi donc franchement, —