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II

I PROMESSI SPOSI


Les deux douairières veillèrent longtemps cette nuit-là. Le coupé de la comtesse d’Artelles ne la remporta que fort tard, M. de Marigny ne vint pas troubler par sa présence un tête-à-tête si plein de lui. Quelquefois il revenait après le spectacle à l’hôtel de Flers où, quand il n’y avait personne, il était toujours sûr de trouver la marquise debout, éveillée et prenant du thé ; car, malgré son grand âge, la marquise aimait à veiller comme une femme du XVIIIe siècle. Elle avait lu Montaigne. Elle disait que veiller allongeait les offices de la vie.