Page:Barbey d’Aurevilly - Les Vieilles Actrices. Le Musée des antiques, 1889.djvu/21

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


pour de plus vieux jours, et celui de nourrisson vagissant, tétant et le reste ! et qu’elle jouera quand la Mort la tiendra par les pieds et l’arrachera à la mamelle de sa mère, cette cabotine endiablée qui veut vivre et se rajeunir… malgré le temps et Dieu !

Révolte imbécille de la frivolité ! Mazarin, le sigisbée d’Italie, cette autre vieille actrice aussi sur un autre théâtre, eut aussi ce ridicule de femme. Il ne voulut pas vieillir. Il mettait du rouge à sa joue décrépite. Il se maquillait avant que le mot fût inventé. Il croyait que la mort aurait peur de sa vieille face ridée et fardée, et qu’elle s’enfuirait devant cette Méduse de céruse. Il n’en fut rien ; elle prit les pots de rouge et de blanc avec le cadavre, et flanqua tout dans le même