Page:Barbey d’Aurevilly - Premier Memorandum, 1900.djvu/12

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17 août.


je n’ai rien écrit ces deux jours. Les visites, la paresse, mille raisons de cette force m’en ont empêché. On arrive au soir brisé de fatigue et l’on n’a pas le courage de se replier sur tous ces néants qui ont fait un jour.

Éveillé à huit heures, les nerfs douloureux. — Lu le journal. — Reçu une lettre de... par conséquent en bonne humeur le reste du jour. Il n’y a pas d’influence meilleure et plus directe que celle-là sur ma damnée et incorrigiblement impressionnable personne. — Quand donc serai-je usé tout à fait ? — Ce que je sens pour elle est d’une virilité d’affection, d’une profondeur et d’un désillusionnement tels que tous les niais à enthousiasme, ces amoureux qui ont toujours seize ans, me nieraient cet amour intuable, mais du moins dompté.

Levé. — Allé au bain. — les nerfs mieux après le bain. L’eau était froide. — lu une revue. — Étudié Pausanias, dont je ne suis pas plus content qu’à l’ordinaire. Je n’ai pas noté encore dans ces deux énormes volumes une seule réflexion morale. Les détails qu’il donne sur les objets d’art dont il parle manquent de pittoresque. Il ne décrit ni ne peint. Il dit : « j’ai vu une statue de Jupiter », et presque jamais il ne dit comment cette