Page:Barbey d’Aurevilly - Premier Memorandum, 1900.djvu/20

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ce bel animal, à le dresser, à lui apprendre son métier de femme et à l’initier à la vie des sensations pour laquelle elle fut créée (à moins que la providence n’y voie goutte) de toute éternité.

Je suis sorti aujourd’hui pour la première fois, me traînant à peine. Le bain que j’ai pris ce matin était trop chaud et m’a affaibli, moi si faible déjà. — rencontré aux tuileries M de F... causé. — Été chez la Graciosa — N’y était pas. — Au Palais-Royal, vu L. S. qui m’a appris que Grunn, sans motif et sans me prévenir, a donné mes entrées à la Porte-Saint-Martin. Je tiens fort peu à ce théâtre où je ne vais point, mais Grunn a manqué de procédé et je lui prépare une éclatante leçon. Dîné avec Guérin chez Copenet (restaurateur, cour des fontaines). — Au café après. — Rien pris. — Monté jusqu’au boulevard ; personne ! — Un soir d’averses, de froid, de nuages noirs, — de l’hiver, sans transition d’automne. Je n’ai jamais vu Paris si triste. — Souffrant au flanc et fatigué, je me suis fait charrier chez moi en voiture. — éÉcrit à Ernest. — Relu un journal écrit l’an dernier à l’endroit de madame P... trop dur pour elle. On en ferait une très vive et jolie maîtresse. — plutôt ardente que tendre, plutôt vaniteuse et coquette que dévouée[1]. —

  1. Quand les liaisons ne doivent pas durer, cela vaut mieux. Les femmes tendres sont mortellement fatigantes quand on cesse de les aimer.