Page:Barbey d’Aurevilly - Premier Memorandum, 1900.djvu/21

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Le moment est bon pour qui veut le saisir. La pauvre femme est broyée sous l’ennui que lui cause son chaste époux. — Remonté le torrent de sensations passées. — Écrit ceci. — Il est deux heures du matin. Je vais dormir.


19 Septembre.


Éveillé assez tard, mais la poitrine échauffée et en assez mauvais état. — Toujours souffrant. L’anéantissement des jours précédents valait mieux que le vague malaise et les noires idées qu’il engendre. — Déjeuné. — Lu les journaux. — Ai voulu me secouer par le travail. — Fini le livre de Bory de Saint-Vincent sur l’Espagne, — un livre substantiel, savant, méthodique, bien fait et écrit avec une rare élégance. J’en ai été plus content que je n’ai l’habitude de l’être des livres que je lis. Du reste, je savais l’auteur un homme distingué (de mœurs bizarres et de hardiesses que le troupeau bêlant des honnêtes gens appelle des vices) et écrivain habile. — Il y a bien des années que je lus son article Feu, du Dictionnaire des Sciences naturelles, et si mon impression dit vrai, cela est, de style, de la plus grande et de la plus rare beauté. — Guérin est venu. Causé de la poésie des langues, qui est tout autre