Page:Barbey d’Aurevilly - Une histoire sans nom, 1882.djvu/30

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éprise du baron de Ferjol, capitaine au régiment de Provence (infanterie), dont le régiment, dans les dernières années du règne de Louis XVI, avait fait partie du camp d’observation dressé sur le mont de Rauville-la-Place, à trois pas de la rivière la Douve et de Saint-Sauveur-le-Vicomte, qui ne s’appelle plus maintenant que Saint-Sauveur-sur-Douve, comme on dit Strafford-sur-Avon. Ce petit camp, dressé là en prévision d’une descente des Anglais sur la côte qui menaçait alors le Cotentin, n’était composé que de quatre régiments d’infanterie, placés sous le commandement du lieutenant-général marquis de Lambert. Ceux-là qui auraient pu en garder le souvenir sont morts depuis longtemps, et l’immense bruit de la Révolution française, passant par-dessus cet infiniment petit de l’Histoire, l’a fait oublier. Mais ma grand-mère, qui avait vu ce camp, et qui en avait reçu somptueusement tous les officiers chez elle, en parlait encore dans mon enfance avec l’accent qu’ont les vieilles gens, quand ils parlent des choses qu’ils ont vues. Elle avait fort bien connu le baron de Ferjol, qui avait tourné la tête à