Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/204

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Autour d’elle, tous les enfants de l’Œuvre l’entouraient radieux sous leurs insignes de protection. Sur l’autel resplendissait le grand calice réservé à la communion de la nouvelle Jérusalem derrière, dans un abandon méprisant, le calice et la patène ternis du sacrifice romain. On voyait encore, du côté de l’épitre, et avec une intention symbolique, le missel romain recouvert, écrasé par l’Évangile de saint Jean largement ouvert.

Le premier geste de l’Organe fut de déposer son diadème. Le bandeau royal ne convient pas à qui va s’offrir en sacrifice. Il déposa également le cordon rouge de Jacques le Patriarche, sur lequel repose un mystère et que devront porter tous les patriarches à travers les siècles comme marque distinctive. Puis il entonna le Veni Sancte Spiritus, éclatant appel au Paraclet. Et sur la dernière strophe, élevant les mains et les tournant alternativement vers l’Orient, vers le Nord, vers le Couchant et vers le Midi, il bénit les mondes. Le plus beau moment fut celui où, prenant la patène du sacrifice romain sur laquelle était un pain, il dit :

— Je ne l’offrirai pas, ce pain, parce qu’il est chargé des crimes de la Jérusalem romaine, mais je le consommerai.