Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/368

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terreur générale, qu’on n’avait encore rien vu et que maintenant on allait voir dans la nue le visage de Dieu.

— Aujourd’hui, prêchait-il, c’est le jour de la hache et du canon ! Après ce jour, la nuit qui viendra sera la nuit de feu ! Et le jour qui suivra cette nuit sera le jour de l’empoisonnement des fontaines ! Et la nuit qui naîtra après ce jour sera la nuit des mains liées et le supplice des rois ! Puis viendra l’inexorable pillage ! Puis les drapeaux noirs ! Puis les cent parlements et le travail des tombeaux ! Puis la croix de grâce, le dictame, l’eau de salut, les éliaques ! Puis la fête des Eucharistiques ! Puis les fanfares célestes. Puis les parfums qui viennent du Midi ! Les quatre arcs-en-ciel ! Les chants d’en haut ! L’étendard des anges ! Le nouveau temple !

Et si on lui demandait

— Mais quand donc arriveront ces grands événements

Il répondait :

— Quand le dernier Prussien sera sorti de France.

Tout le petit village soupirait après ce moment, qu’il fallut attendre trois longues années.